Biotechnologies & agriculture durable

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Association Française pour l’information scientifique

14 rue de l’école polytechnique, 75005 Paris

Courrier électronique : agribiotech[at]free.fr

 

 

Commentaires sur l’ « Avis sur la Dissémination du MON 810 sur le Territoire Français »

émanant du comité de préfiguration d’une haute autorité sur les organismes génétiquement modifiés.

 

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Philippe Joudrier

22/01/08

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philippe_joudrier.jpg Philippe Joudrier est directeur de recherche de l’INRA en retraite. Chargé de mission par l’INRA, il préside le Comité d'Experts Spécialisé Biotechnologie de l'Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (AFSSA) en charge de l'évaluation des OGM.

 

Les commentaires qui suivent résultent de l’examen des publications citées dans cet avis par plusieurs scientifiques :

 

Pierre Barret, chercheur INRA, Clermont-Ferrand

Marcel Kuntz, directeur de recherche, CNRS, Grenoble

Pascal Simonet, directeur de recherche, CNRS, Lyon

 

Ils sont plus complets que la brève introduction réalisée aux débats de la fin de matinée du colloque du 17 janvier 2007 au Sénat.

 

Ils sont par ailleurs complétés par des apports d’autres scientifiques sur le point de l’avis « santé humaine » et plus particulièrement sur le problème des mycotoxines par :

 

Patrick Maurel, toxicologue à l’INSERM à Montpellier

Catherine Regnault-Roger, professeure à l’Université de Pau et des Pays de l’Adour

 

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Selon les termes mêmes de l’avis du comité de préfiguration de la Haute autorité :

 

Il « souligne la publication de plusieurs faits scientifiques nouveaux qui concernent l’impact du MON810 » :

 

1)   sur l’environnement

2)   sur la santé humaine

3)   sur l’économie

4)   sur l’agronomie

 

Nous allons reprendre ces points en nous appuyant sur les publications citées pour chacun d’eux.

 

1) Sur l’environnement :

 

Différentes allégations sont faites sur ce thème :

A)   la dissémination

B)   l’apparition de résistances sur les ravageurs cibles

C)  des effets sur la faune non-cible (lombrics, isopodes, nématodes, papillon monarque)

D)  dissémination dans les cours d’eau, les sédiments…

 

A)  la dissémination.

 

Publications citées :

 

Klein et al, 2003.

Rosi-Marshall, 2007.

Brunet, 2006.

Quist et Chapela, 2001.

Messéan, 2006.

Icoz et Stotzky, 2007.

 

Remarques générales liminaires sur cet aspect dissémination :

·   Personne n’a jamais nié la dissémination pollinique. 

·   Celle-ci n’a pas attendu les OGM pour se produire.

·   Une pollinisation croisée n’est pas synonyme automatique d’un danger (même s’il s’agit d’une pollinisation d’un OGM vers un non-OGM comme certains essaient de le faire croire, utilisant systématiquement les termes de « contamination » et/ou « pollution »).

 

Sur le fond :

 

Klein et al, 2003.

       Il s’agit d’une étude de modélisation de la dispersion du pollen.

       Néanmoins, même si ce modèle est capable de décrire correctement une dissémination du pollen, il ne peut prévoir la pollinisation croisée effective (qui elle, va dépendre de nombreux autres paramètres physiques, biologiques et climatiques). 

       L’expérience pluridécennale accumulée montre que la pollinisation croisée effective est très faible et que, dans tous les cas, elle s’arrête avec la récolte puisque les récoltes issues de semences d’hybrides F1 ne sont jamais re-semées.

 

Rosi-Marshall, 2007.

Confirme que l’on peut observer des pollinisations croisées jusqu’à 40-60 m au-delà de la parcelle initiale,  résultats déjà mentionnés en 1972 par Raynor et al. (J. Agronomy, 64 : 420-427.)

 

Brunet, 2006.

Il s’agit d’une communication à un congrès.

Brunet a d’ailleurs présenté ses travaux au cours du colloque.

Si la viabilité du pollen est conservée lors d’un passage en haute altitude, il faut alors que le pollen retombe sur un champ de maïs dont les fleurs femelles sont au bon stade de réceptivité pour qu’une pollinisation croisée puisse se réaliser.

 

Il faut prendre en compte la dissémination pollinique et la pollinisation croisée qui en résulte.

 

Quist et Chapela, 2001.

Il faudrait parler plutôt de l’affaire Quist et Chapela. Cette « affaire » est bien connue et a largement été commentée tant par les médias que dans le milieu scientifique.

En effet, la publication initiale a provoqué de forts remous dans la communauté scientifique allant jusqu’au retrait de la publication par l’Éditeur du journal Nature. Deux publications récentes viennent de démontrer que les travaux initiaux sont très vraisemblablement erronés puisque l’analyse individuelle, par PCR, de 153 746 grains de maïs prélevés dans la région incriminée (Province d’Oaxaca) n’a pas permis de mettre en évidence la présence d’ADN signant le maïs GM qui initialement se serait disséminé.

 

Ortiz-Garcia, S., Ezcurra, E., Schoel, B., Acevedo, F., Soberon, J., Snow, A. 2005.

Absence of Detectable Transgenes in Local Landraces of Maize in Oaxaca, Mexico - 2003-2004.

PNAS 102(35): 12338-12343.

Cleveland, D., Soleri, D., Cuevas, F., Crossa, J., Gepts, P. 2006.

Detecting (trans)gene Flow To Landraces In Centers Of Crop Origin : Lessons From The Case Of Maize In Mexico. Env. Biosafety Res. 4(4): 197-208.

 

Messéan, A., 2006.

Notons, tout d’abord, qu’Antoine Messéan est membre de ce comité de préfiguration.

La mention de son nom, ne semble pas faite comme faisant référence à une publication. On peut penser alors qu’il s’agit du rapport de l’étude Européenne SIGMEA dont il était coordinateur.

 

Sur la question de la dissémination, de nombreuses études très récentes viennent d'être publiées au Portugal, en Espagne, en Italie, au Danemark ainsi qu'une grande étude européenne SIGMEA. Toutes montrent que dès lors qu'une distance d'isolement relativement faible (25 à 50 m selon les études) est respectée entre deux champs de maïs, on reste en dessous du seuil de présence fortuite de 0,9%.

Lors d'une réunion à Séville (Espagne) les 20 et 21 novembre 2007, les responsables du projet européen SIGMEA (Sustainable Introduction of Genetically Modified Crops into European Agriculture, 44 partenaires de 12 pays) ont assuré que la dispersion du pollen du maïs était désormais bien connue. Cela permet, selon eux, d'améliorer les modélisations permettant de savoir très précisément, région par région, les mesures à prendre pour que des champs de cultures OGM ne "polluent" pas des parcelles traditionnelles.

Respecter des seuils inférieurs à 0,9% d'OGM dans la production de champs traditionnels, malgré la présence de cultures de maïs OGM dans la même zone, "c'est faisable", a affirmé jeudi au cours d'une conférence de presse, un chercheur de l'Institut national français de la recherche agronomique (Inra), Antoine Messéan. Selon lui, "des distances de 50 m entre les parcelles OGM et non OGM sont suffisantes pour obéir à ce seuil de 0,9%". Des mesures comme des décalages de semis, et des récoltes séparées assureraient une protection maximale. Ce seuil de 0,9% est toutefois rejeté par l'agriculture biologique qui revendique le droit à des cultures totalement non-OGM.

A peine publié, le rapport SIGMEA (destiné entre autres à proposer des outils d'aide à la décision publique et privée), l'Allemagne annonçait qu'elle autoriserait la commercialisation du maïs transgénique Mon810, de l'entreprise américaine Monsanto, à partir de 2008.

 

Icoz et Stotzky, 2007.

Cette étude concerne la toxine Cry3Bb1 et sa non persistance dans le sol et n’a pas sa place dans ce paragraphe.

 

Pour conclure sur l’aspect dissémination.

 

·   Celle-ci n’est aucunement un problème nouveau.

·   Oui, on sait la maîtriser depuis bien longtemps (c’est tout le travail des semenciers qui depuis des décennies sont capables de fournir aux utilisateurs des semences pures de 99,5 à 99,99% selon les espèces.

·   Il ne faut pas confondre flux pollinique et flux de gènes.

·   La pollinisation croisée OGM vers non-OGM n’est pas plus ou moins dangereuse que tout autre pollinisation croisée.

 

B) Apparition de résistances sur les ravageurs cibles.

 

Deux citations :

·   Huang et al, 2007. Concerne la pyrale de la canne à sucre (non pertinent pour le maïs).

·   Van Rensbug, 2007. Concerne un foreur africain des graminées. Ceux-ci sont rares dans les cultures et sembleraient plus tolérants à Cry1Ab que d’autres insectes.

Mais, critique importante, on ne connaissait pas l’état de cette population en terme de résistance préexistante (pré-résistance ou résistance acquise ?).


Dans tous les cas, cela ne modifie pas la résistance des maïs Bt à ses cibles.

 

On peut ajouter que, dans le monde, la « stratégie Bt » appliquée chez les PGM n’a pas encore été contournée.

Si celle-ci l’était un jour, ce serait normal. Parmi les objectifs constants et permanents des sélectionneurs, il est celui d’obtenir de nouvelles variétés résistantes à chacun des ravageurs car ceux-ci, évoluant sans cesse, contournent les résistances des variétés existantes à un moment donné.

 

Conclusion : rien de nouveau.

 

C) Effets sur la faune non-cible.

 

La phrase de l’avis commence par : « des faits nouveaux confirment la possibilité d’effets toxiques avérés à long terme sur les lombrics, les isopodes, les nématodes et les monarques ».

 

La formulation même de cette phrase est curieuse…. S’agit-il de possibilités d’effets toxiques ? donc d’un risque potentiel possible dans le futur ?.

Mais alors, dans ce cas, les effets toxiques ne peuvent être avérés. Ou alors, ils sont effectivement « avérés » et alors ils ne sont plus dans le domaine des possibilités !

 

* Effets toxiques à long terme sur les lombrics.

Il s’agit de la publication de Zwahlen, 2003.

Les résultats indiquent que des lombrics sur litière d’un maïs GM (qui n’est pas le MON810 mais ayant la même toxine Cry1Ab) présentent une perte de poids de 18% par rapport aux témoins après 200 jours d’expérimentations au laboratoire.

Ce seul résultat n’indique pas d’ailleurs que cette perte serait liée à un problème de toxicité éventuel.

De plus, dans le seul résumé figure la phrase : « Further studies are necessary to see wether or not this difference in relative weight was due to the Bt toxin or other factors discussed in the study ».

En Annexe I page 10, figure une analyse plus détaillée de ce « problème lombric » réalisée par Marcel Kuntz et Elisabeth Matthys-Ronchon.

La conclusion la plus importante de cet article est que, en conditions naturelles, c’est-à-dire en plein champ, les lombrics ne présentent pas la perte de poids notée en laboratoire !.

 

Conclusion : aucun risque spécifique mis en évidence en conditions naturelles.

 

* Effets toxiques à long terme sur les isopodes.

Hardwood, 2005. Lorsque des arthropodes non cibles ingèrent des protéines Cry dans un champ, il n’est pas fait état d’effets éventuels négatifs.

Ces conclusions ont été reprises d’ailleurs dans un document de l’OCDE, 2007.

 

Conclusion : pas d’effets éventuels négatifs.

 

*Effets toxiques à long terme sur les monarques.

Prasifka et al., 2007 (monarque)

Dutton et al., 2005.

Marvier et al., 2007.

Là encore, c’est le type d’étude (tout comme celle du maïs mexicain : Quist et Chapela) qui n’aurait même pas due être citée. Cette affaire est close et continuer à vouloir utiliser cet argument n’est pas très sérieux. L’avis cite d’ailleurs que l’exposition des monarques restent très limitée (moins de 1%). Cette conclusion peut s’appliquer d’ailleurs pour les USA et le Mexique car on voit assez mal les monarques faire leur migration traditionnelle des USA vers le Mexique en passant par la France !

 

La référence à Dutton ne concerne pas le monarque mais Spodoptera littoralis. Il s’agit là encore du maïs GM de Syngenta (événement Bt11). La toxicité est démontrée pour cet insecte mais c’est donc un effet positif car recherché.

Celle de Marvier, 2007 révèle,  par une étude approfondie que les cultures de plantes GM Bt sont inoffensives pour les espèces non cibles. 

 

Conclusion : il a été largement démontré, depuis longtemps maintenant, que le maïs Bt constituait plutôt un environnement amical pour le Monarque.

 

Il n’est pas fait mention de la plus grande étude jamais réalisée (2000-2003) en Angleterre « Farm Scale Evaluation » (FSE) qui s’est déroulée sur 3 années sur 3 espèces différentes (maïs, colza, betterave) GM et non-GM afin d’évaluer des différences sur l’entomofaune et autres organismes.

L’une des conclusions majeures est :

First, it is not surprising that there are differences in “environmental impacts of maize, beet and oilseed rape” but these differences arise from differences in the fundamental nature of the plants and have nothing to do with whether or not the plants in question have been altered with GM techniques.

 

* Présence possible de la toxine Bt dans la chaîne trophique.

 

Chaîne trophique :

Obrist et al, 2006 (1) (2) (3)

 

Persistance dans l’eau :

Douville et al., 2006

Rosi-Marshall et al., 2007

 

Dans les sédiments :

Icoz, Stotzky, 2007 (au passage, l’avis mentionne Ipoz, Stotsky soit une faute d’orthographe par nom d’auteur).

 

Au contact des racines et dans le sol :

Saxena et Stotsky, 2005

Mulder et al, 2006

Castaldini et al., 2005

 

Passons en revue ces différents points :

 

Les toxines Bt sont présentes dans la chaîne trophique.

 

Trois études d’Obrist et al., en 2006 ont été trouvées :

 

Obrist, L., Dutton, A., Albajes, R., Bigler, F. 2006. Exposure of Arthropod Predators to Cry1Ab

Toxin in Bt Maize Fields. Ecological Entomology. 3: 143-154.

 

Obrist, L., Dutton, A., Romeis, J., Bigler, F. 2006. Biological Activity of Cry1Ab Toxin Expressed by Bt Maize Following Ingestion by Herbivorous Arthropods and Exposure of the Predator Chrysoperla Carnea. BioControl. 51: 31 - 48.

 

Obrist, L., Klein H., Dutton, A.,  Bigler, F. 2006. Assessing the effects of Bt maize on the predatory mite Neoseiulus cucumeris. Exp. Appl. Acarol. 38 : 125-139.

 

Conclusions : Ces études ne montrent pas d’effets non désirés.

 

Persistance dans l’eau :

 

Douville et al., 2006

Ces auteurs étudient la persistance de l’ADN dans l’eau et dans le sol. De plus, ils ne savent pas si les gènes détectés proviennent de maïs Bt ou d’épandage de Bacillus !.

A ce jour, je ne pense pas qu’on ait jamais montré un effet toxique de l’ADN quel qu’en soit sa provenance !

Rosi-Marshall et al., 2007. Ils ont tracé le pollen et les détritus de maïs, sans doser la présence de la molécule insecticide. Ils ne peuvent donc observer une persistance de cette dernière !

 

Conclusion : pertinence ? et problèmes méthodologiques.

 

Dans les sédiments :

 

Icoz I et Stotzky, 2007

Le seul titre suffit à savoir de quoi il retourne :

Icoz, I. and Stotzky, G. 2007. Cry3Bb1 protein from Bacillus thuringiensis in root exudates and

biomass of transgenic corn does not persist in soil.  Transgenic Research, Sept 13 (2007) DOI 10.1007/s11248-007-9133-8.

 

On peut également rajouter qu’il ne s’agit pas, dans cette étude, de Cry1Ab…  (pertinence ?)

 

Conclusion : la toxine Cry3Bb1 ne persiste pas dans le sol (pertinence par rapport à Cry1Ab ?).

 

Au contact des racines et dans le sol :

 

Saxena et Stotzky, 2005

Mulder et al., 2006

Castaldini et al., 2005

 

Saxena et Stotzky, 2005.

Cela concerne une note de recherche (ISB News report) et non une publication mais qui reprend des résultats publiés en 2002 et qui montre, comme indiqué dans l’avis, que les racines d’un maïs Bt donné excrètent la toxine Bt présente dans cette PGM (différents événements ont été testés). Là encore, la publication montre que la protéine Bt ne persiste pas dans le sol.

 

Mulder et al., 2006.

L’influence des cultures Bt (MON810 et Bt176) sur les communautés microbiennes du sol a été examinée.

La protéine Bt a été montrée comme influençant la composition microbienne du sol. Une respiration plus importante a été mise en évidence en présence de sol provenant de cultures Bt, et le nombre de CFU (colony forming unit) a été multiplié par trois entre non-Bt et Bt. Trois semaines après l’addition des résidus de maïs dans le sol, les différences disparaissent. Les résultats présentés mettent en évidence l’existence de faibles (« short ») décalages écologiques dans les communautés microbiennes entre des sols cultivés en Bt et en non-Bt.

 

Castaldini et al., 2005. (Applied and environmental biology).

Concerne les évènements Bt11 et Bt176 (et pas le MON 810 strictement) Ils montrent, comme l’étude précédente, que différentes communautés bactériennes sont associées aux différentes lignées de maïs, et que les plantes Bt en culture ou sous forme de résidus, ne réduit pas la biodiversité bactérienne du sol et de la rhizosphère ;

 

Pascal Simonet est venu témoigner de ses travaux sur ce thème durant le colloque en donnant les principales conclusions d’une étude qu’il vient de mener avec ses collègues.

Voir l’Annexe II, page 12.

 

* Effets toxiques à long terme sur les nématodes.

 

Nom cité : Griffith 2006.

Il s’agit de : Griffiths BS, Plant Biotechnology Journal.

Événements : MON 810 et Bt11.

Les auteurs ont cherché des différences entre 8 lignées de maïs et les lignées isogéniques Bt correspondantes. Ils observent des différences significatives dans l’abondance des nématodes du sol, mais montrent que ces différences n’ont aucune relation avec le caractère Bt (l’avis parle d’« exposition des populations d’insectes »). Ils montrent, de plus, que la structure de la communauté microbienne du sol n’est pas affectée par le caractère Bt, ni par l’addition de protéine Bt purifiée.

 

Une publication concerne un « Johnson et al. 2006 ».

On trouve alors une publication d’une Katy Johnson qui concerne l’évaluation du risque pour les OGM.  Mais peut-être n’est-ce pas la « bonne » publication ?.

 

Sur certains de ces aspects, vous trouverez des commentaires supplémentaires (cf. Annexe III, page 13) réalisée par Marcel Kuntz.

 

 

 

2) Sur la santé humaine.

 

La seule référence sur ce thème concerne une publication de l’AFSSA de 2004.

De fait, ce document est une synthèse intitulée :

« OGM et alimentation : Peut-on identifier et évaluer des bénéfices pour la santé ?

Étude au travers de 4 exemples ».

 

L’un des exemples de ce document concerne les plantes résistantes à des insectes et mentionne effectivement les travaux mettant en évidence, dès 1997, (Munkvold et al.), le fait d’une diminution de la présence de fumonisine (produite par le champignon Fusarium), mycotoxine reconnue comme cancérigène pour l’homme.

 

Le seul effet notable du maïs Bt cité dans cet avis et concernant la santé humaine est donc un point extrêmement positif, qui, à lui tout seul, devrait justifier la décision par les pouvoirs publics de ne plus cultiver tout autre maïs non-GM s’ils avaient, un tant soit peu, le souci de la santé des populations (ce dont nous ne nous doutons pas !).

 

Alors que le rapport de l’AFSSA concluait sur ce point que :

« Indubitablement, ce FAIT constitue un point positif dont il serait possible de tirer profit pour accroître la qualité sanitaire des alimentations humaine et animale.

Mais sans doute que comme pour l’amiante, on préfère attendre, ne rien faire depuis près de 10ans que maintenant ces données sont connues mais, même pire, faire tout pour empêcher la culture de maïs plus sain pour l’homme.

Ainsi, on préfère donc continuer avec des maïs plus riches en fumonisine et en traces d’insecticides chimiques… ! Cela fait manifestement partie d’une écologie bien comprise !

 

Référence :

Munkvold G.P., Desjardins A.E., 1997. Fumonisins in maize : can we reduce their occurrence ? Plant Dis. 81, 556-565.

 

Cet aspect « mycotoxines » est complété par :

* une petite note de Patrick Maurel de l’INSERM à Montpellier (Annexe IV, page 15).

* des références de Madame Regnault-Roger (Annexe V, page 17).

 

 

Deuxième partie de l’avis :

 

Dans la deuxième partie de l’avis, le comité de préfiguration de la haute autorité fait état de questions « insuffisamment prises en compte » selon eux.

 

Et notamment au niveau de la :

 

Caractérisation moléculaire et biochimique :

 

C’est alors ignorer ce que l’on trouve dans les dossiers de n’importe quel OGM voulant se faire homologuer.

Ainsi, selon cet avis, les points évoqués sur la caractérisation moléculaire et biochimique est incomplète ! mais, on voit mal alors ce qui pourrait être fait encore de plus sur ces points là !

Il paraît alors nécessaire de détailler quelque peu ce qui est fait en donnant les grandes lignes des différents points d’information que l’on trouve dans le dossier d’un OGM s’il veut avoir quelque chance d’avoir un avis favorable (on trouvera en Annexe V, page 16, un résumé des Lignes Directrices de l’AFSSA, donnant les différents points devant se trouver dans les dossiers d’évaluation des OGM).

 

L’une des préoccupations (à venir) serait le devenir des « métabolites » issus de la dégradation de la toxine Bt…, il faudrait alors que la future HA se penche sur le devenir des métabolites issus de la dégradation de n’importe quelle protéine contenue dans l’organisme ou  absorbée par celui-ci ! Notons cependant que le devenir de toute protéine est malgré tout connu depuis longtemps… !, c’est celui de finir généralement en acides aminés… est-ce que la protéine Cry1Ab (de même que les autres toxines Bt d’ailleurs) auraient des caractéristiques telles qu’elle échapperait à  sa dégradation par les protéases et qu’alors on aurait genèse de peptides (métabolites ?) spécifiques  où que les acides aminés qui la compose seraient différents de ceux qui composent toute protéine ?.

Signalons également qu’afin d’évaluer les caractéristiques allergéniques des nouvelles protéines, des tests, in vitro, de dégradation par les protéases sont réalisés.

 

Impact sur les insectes pollinisateurs :

 

Des publications scientifiques existent sur le sujet.

Ainsi, on peut citer, l’étude très récente suivante :

Duan et al., 2008

- Galen P. Dively, American Farm (Maryland), web posted May 1, 2007

Bt corn cleared in Colony Collapse Disorder. http://www.americanfarm.com/TopStory5.01.07f.html

 

Éléments de toxicologie :

 

Précisons qu’en l’état actuel de l’évaluation des OGM, c’est à l’AFSSA qu’il revient,  de par ses missions, d’évaluer ces aspects de toxicologie. L’évaluation toxicologique fait partie de ses préoccupations permanentes.

 

C’est d’ailleurs un point fondamental qu’il restera à préciser dans la future Loi : l’articulation des missions entre cette future HA, l’AFSSA et l’AESA.

 

L’Annexe VI présente les Lignes Directrices de l’AFSSA et on y trouve donc ce qui est requis en matière de toxicologie.

 

Soulignons que lorsque le comité souligne « l’absence d’évaluation des effets endocriniens, tératogènes et transgénérationnels »… elle se trompe là encore. Des études de génotoxicité sont réalisées de manière assez systématique pour tous les micro-organismes utilisés comme producteurs d’auxiliaires technologiques (voir annexe …. mais aussi les lignes directrices de l’AFSSA pour les micro-organismes GM), que d’éventuels  effets endocriniens seraient révélés par les études de toxicologie sub-chronique et qu’il existe au moins une sur des effets transgénérationnels (4 générations)(Brake et al., 2004).

 

Effets biologiques et microbiologiques.

 

Des laboratoires se préoccupent de ce type d’effet.

Cf. ANNEXE I : conclusions de la présentation de Pascal Simonet.

 

Éléments épidémiologiques :

 

La phrase mentionnée semble quelque peu contradictoire… !

S’il existe des pays fortement consommateurs alors des études épidémiologiques devraient être faciles à conduire.

Par exemple, 95% du soja américain est maintenant GM, 70% au Brésil et 100% en Argentine, une traçabilité ne semble pas devoir constituer un pré requis… (le maïs génétiquement modifié est certainement présent à des % moindres que ceux du soja mais dans tous les cas supérieurs à 50%).

 

Éléments économiques :

 

Des éléments de cette nature ont été rappelés notamment dans l’intervention de G. Pelletier. Différentes études faisant le bilan sur 10 années de culture montrent également les bénéfices réels qui sont apportés aux agriculteurs et Claude Ménara l’a clairement indiqué également lors de son intervention.

 

Biovigilance :

 

Un comité de biovigilance a été effectivement créé et existé (bien que n’ayant pas eu la possibilité de fonctionner durant ces dernières années tant les cultures de PGM ont été discrètes.

Cf. l’exposé de Monsieur Marc Delos au cours de ce colloque.

 

 

Usage des pesticides :

 

Cet aspect doit évidemment pris en compte ! mais semble t-il en privilégiant des modes de culture plus économes en produits phytosanitaires de synthèse tels que les PGM qui produisent leur propre insecticide biologique.

 

3) Quant à la conclusion de la dernière page de cet avis, il eut été surprenant qu’aucun fait nouveau ne surviennent en 10 années de progrès sur les PGM !

Mais, « fait nouveau » ne signifie pas nécessairement danger.

 

Les faits nouveaux concernent d’ailleurs des points qui avaient été non seulement déjà identifiés bien avant 1998, mais qui, de plus, ne sont pas nécessairement spécifiques de l’état d’OGM.

 

Mais, au final, ces faits nouveaux sont plus rassurants qu’inquiétants sur des risques éventuels.

 

 

 

ANNEXES

 

 

 

I :

 

Etude lombric par Marcel Kuntz

 

II :

 

Conclusions des études de Pascal Simonet  

 

III :

 

Effets sur la faune non cible par Marcel Kuntz       

 

IV :

 

Mycotoxines et maïs Bt MON810 par Patrick Maurel                

 

V :

 

Biopesticides et Mycotoxines par Catherine Regnault-Roger  

 

VI :

Lignes directrices de l’AFSSA      

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ANNEXE I

 

Marcel Kuntz et Elisabeth Matthys-Rochon

 

 

Précisions sur la phrase :

« Des faits nouveaux confirment la possibilité d’effets  toxiques avérés à long terme sur les lombrics » figurant dans le projet d’Avis rendu par le Comité de Préfiguration de la  Haute Autorité sur les OGM.

 

Cette phrase cite la référence :

Effects of transgenic Bt corn litter on the earthworm Lumbricus terrestris.

C Zwahlen, A Hilbeck, R Howald, and W Nentwig. Mol Ecol, April 1, 2003; 12(4): 1077-86.

http://highwire.stanford.edu/cgi/medline/pmid;12753225

Ces études de l’Université de Berne ont été menées en plein champ et en laboratoire afin d’évaluer l’impact de litière de maïs Bt sur des vers de terre, jeunes et adultes.

Elles ne concernent pas la variété MON810, mais une lignée de Syngenta dénommée N4640Bt.

 

En voici les résultats.

 

Effet sur la mortalité et le  poids des vers

En laboratoire, la mortalité des vers en présence de plantes Bt+ n’est pas significativement affectée par comparaison avec les Bt- (plantes contrôles non transgéniques). Après 160 jours de mise en contact de la litière Bt+ avec les vers adultes, aucune variation de poids n’est observée. Après 200 jours cependant, une diminution pondérale est enregistrée comparativement aux témoins (litière Bt-).

Les auteurs mentionnent que d’autres études sont nécessaires pour connaître l’origine précise de cette différence. En effet la variation pondérale peut-être attribuée à l’effet de la transformation génétique des plants de maïs mais aussi à d’autres facteurs (abiotiques par exemple).

Des expériences pratiquées en plein champ avec des vers jeunes et adultes ont montré qu’il n’y avait pas de différence significative de mortalité entre les vers traités (Bt+) et les vers témoins (Bt-). Quant au poids des vers, aucune différence du poids moyen n’est notée entre les deux lots (jeunes et adultes) placés soit en présence de Bt+ ou en l’absence Bt-.

 

Conclusions :

Les lombrics ne semblent donc pas affectés en conditions normales de culture du maïs Bt.

Pour les auteurs, il est nécessaire de poursuivre les recherches en tenant compte d’autres paramètres, comme la durée de vie, le temps de développement, le nombre de cocons produits, la fertilité et la survie des jeunes.

 

AUTRES ETUDES

Il faut noter qu’une étude antérieure :

Saxena, D and Stotzky, G (2001) Soil Biol. Biochem. 33, 1225-1230 avait conclu à l’absence d’effet apparent sur divers organismes du sol, dont les vers de terre.

 

 

 

Les « faits nouveaux » peuvent être consultés sur le site

http://www.gmo-safety.eu/en/news/515.docu.html

où 3 publications peuvent être téléchargées, dont une étude danoise (Vercesi M L et al., 2006) qui a entrepris des recherches sur les risques potentiels de la protéine Bt sur les vers de terre Aporrectodea caliginosa. Ces vers de terre ont été mis en présence de litière écrasée ou en poudre contenant des feuilles de maïs Bt et ceci dans différentes conditions expérimentales. Aucun effet sur la survie, la reproduction, la croissance des vers de terre n’a été remarqué. L’éclosion des cocons est légèrement diminuée (95% à 75%). La cause de cet effet n’est pas connue et peut être rapportée à des modifications de pH ou à des facteurs abiotiques par exemple, en raison de la concentration en extraits de maïs dans la litière lors des expériences comparativement à celle du sol agricultural.

 

A noter aussi, sur ce site, l’étude bavaroise en champ qui a montré que les facteurs site-spécifique (type de sol, travail du sol) ont un effet sur l’incidence et la composition des espèces de vers de terre plus grande que le choix des lignées de maïs.  Des effets significatifs ont ainsi été observés entre site mais pas entre maïs Bt et conventionnels.

 

Synthèse : Elisabeth Matthys-Rochon & Marcel Kuntz.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ANNEXE II

 

Conclusions des travaux de Pascal Simonet et Sandrine Demaneche présentées lors du colloque du 17/01/08.

« Environmental Microbial Genomics » group

Laboratoire Ampère, UMR CNRS 5005 Ecully (69) pascal.simonet[at]ec-lyon.fr 

 

* Très important polymorphisme des gènes de résistance bla TEM dans les bactéries

du sol leur conférant une résistance à une grande diversité de beta-lactams.

 

* Sol: réservoir de déterminants génétiques permettant aux bactéries

de s’adapter très rapidement aux antibiotiques (actuels et en développement).

 

* Site de Bazièges : Pas de preuves directes d’une acquisition de gènes du transgène

par les bactéries du sol.

 

* L’acquisition d’un gène bla à partir d’une plante transgénique ne modifierait pas

 la diversité ni la charge en gènes de résistance de la communauté bactérienne

et ne confèrerait pas un avantage adaptatif à la bactérie réceptrice.

 

* Le risque associé à la présence de gènes tels que bla TEM dans les plantes

Transgéniques peut être considéré comme négligeable.

 

« Programme ANR Organismes Génétiquement Modifiés » (ANR : project Ploben ANR-05-POGM-004-01).

« Agence Française de Sécurité Sanitaire de l’Environnement et du Travail » (Afsset, project AntiReSol n°EST-2006/1/44).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ANNEXE III

 

Marcel Kuntz, Directeur de recherche, CNRS, Grenoble.

 

Examen de la partie Effets sur la faune non-cible du projet d’Avis rendu par le Comité de Préfiguration de la  Haute Autorité sur les OGM

 

L’Avis mentionne à plusieurs reprises la publication Marvier et al (2007) qui est une méta-analyse reprenant par des calculs statistiques l’ensemble des études disponibles sur des effets potentiels des plantes Bt.

Cette publication mentionne dans son résumé :

-une abondance généralement plus grande d’insectes dans les champs Bt que dans les champs conventionnels traités par insecticide,

- une abondance moindre de certains insectes non-cibles dans les champs Bt en comparaison avec des champs conventionnels non traités par insecticide. Un examen plus précis des données montre qu’il s’agit pour le maïs essentiellement de certaines guêpes parasites : l’explication pouvant être la plus faible disponibilité de leur hôte, la pyrale (l’insecte ravageur que l’on veut par définition détruire). Ces réductions restent faibles (il ne s’agit pas d’une disparition de l’espèce) et l’article ne conclut pas à une menace pour ces espèces.

http://www.sciencemag.org/cgi/content/abstract/316/5830/1475

 

On peut regretter, pour un éclairage plus complet, que l’Avis ne mentionne pas l’article de revue de Romeis et coll. (2006) qui détaille les études d’évaluation effectuées sur le thème des insectes non-cibles.

Transgenic crops expressing Bacillus thuringiensis toxins and biological control.

J Romeis, M Meissle, and F Bigler

Nat Biotechnol, January 1, 2006; 24(1): 63-71.

http://highwire.stanford.edu/cgi/medline/pmid;16404399

On peut noter grâce à cette compilation que les abondances moindres d’insectes non-cibles sont effectivement celles d’antagonistes spécialistes de l’insecte ravageur cible (Cf. note c de la table 3 de cette publication), une conséquence difficilement évitable si l’on veut diminuer les populations des ravageurs (quelle que soit la méthode).

Cet article conclut:

« Bt-transgenic varieties. . .  can lead to substantial reductions in insecticide use in some crops, they can contribute to integrated pest management systems with a strong biological control component. »

http://highwire.stanford.edu/cgi/medline/pmid;16404399

 

On peut aussi regretter l’absence de mention des excellentes synthèses allemandes:

http://www.gmo-safety.eu/en/maize/corn_borer/

très rassurantes sur le thème de l’impact environnemental des maïs Bt.

On y lit notamment:

« Any Bt effects that may exist are extremely minor. » (Interview de Ingolf Schuphan, RWTH Aachen University)

et également, qu’entre variétés conventionnelles de maïs, il est possible d’observer des variations de 7 à 10 dans l’abondance de l’insecte étudié, ce qui relativise grandement les faibles variations éventuellement observées dans les champs Bt :

http://www.gmo-safety.eu/en/maize/corn_rootworm/585.docu.html

 

L’Avis mentionne « une persistance observée des molécules insecticides dans l’eau » en citant la référence Douville et al. 2006 (en fait 2007) :

Occurrence and persistence of Bacillus thuringiensis (Bt) and transgenic Bt corn cry1Ab gene from an aquatic environment.

M Douville, et al. Ecotoxicol Environ Saf, February 1, 2007; 66(2): 195-203.

http://highwire.stanford.edu/cgi/medline/pmid;16499967

cette étude canadienne a effectivement mesuré cette « persistence » (pour fixer les idées : l’étude a duré 40 jours), mais il convient de préciser qu’elle inclut celle de la toxine Bt produite naturellement par les bactéries Bacillus thuringiensis (produit autorisé en agriculture biologique).

 

Sur le même thème, la référence citée suivante

Toxins in transgenic crop byproducts may affect headwater stream ecosystems

E. J. Rosi-Marshall et coll. PNAS, October 9, 2007, vol. 104(41) 16204-16208

http://www.pnas.org/cgi/content/abstract/104/41/16204

montre la présence de pollen et de débris de maïs Bt dans des ruisseaux aux alentours des champs. Les auteurs en ont déduit un risque potentiel (établi en laboratoire) pour certains insectes aquatiques (tricoptères détritivores). En revanche, dans une communication à un congrès, ils n’ont pas retrouvé d’effets négatifs sur les insectes aquatiques étudiés en conditions naturelles

http://www.benthos.org/database/allnabstracts.cfm/db/Columbia2007abstracts/id/370

Il faut garder en mémoire que les études en laboratoires ne peuvent être directement extrapolées au champ, comme l’a montré l’affaire du papillon Monarque (l’Avis rappelle fort justement que moins de 1% de ces papillons sont en fait concernés au champ).

 

Notons aussi la sortie d’un n° spécial de la revue Pedobiologia consacré au projet d’évaluation Ecogen dont les résultats ne valident aucun alarmiste sur les maïs Bt

Volume 51, Issue 3, Pages 171-272 (15 August 2007)

SOIL ECOLOGICAL AND ECONOMIC EVALUATION OF GENETICALLY MODIFIED CROPS - ECOGEN

http://www.sciencedirect.com/science?_ob=PublicationURL&_tockey=%23TOC%2318097%232007%23999489996%23663865%23FLA%23&_cdi=18097&_pubType=J&view=c&_auth=y&_acct=C000034578&_version=1&_urlVersion=0&_userid=642076&md5=06db27203c099a9ddf6d73fd62041570

 

synthèse établie par Marcel Kuntz .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ANNEXE IV

 

Patrick Maurel, Directeur de recherche.

Inserm U632 / UM-I EA3768 Hepatic Physiopathology

1919 Route de Mende, 34293 Montpellier.

 

Mycotoxines et maïs Bt MON810

 

         Parmi les éléments à charge retenus par le comité de préfiguration d’une haute autorité sur les OGM dans son communiqué du 9 janvier 2008 pour demander l’activation de la clause de sauvegarde sur le maïs Bt MON810, il en est un qui n’est manifestement pas à sa place: celui ayant trait à la santé humaine* (voir note). On s’attendait en effet à ce que le comité mette en évidence des faits nouveaux en terme de toxicité ou d’effet délétère du Bt MON810. Or le paragraphe sur la santé humaine* ne fait rien moins que nous rappeler que le maïs Bt MON810 est très largement moins contaminé par des mycotoxines que le maïs conventionnel. Quand on sait que les mycotoxines représentent un réservoir de produits hautement toxiques et carcinogènes pour l’animal et l’homme, on est en droit d’être étonné de voir cette observation versée sur une liste d’effets délétères, alors qu’on aurait du plutot la voir versée au rang des bénéfices résultant de l’utilisation du maïs Bt MON810.

Rappels

         Les mycotoxines sont de métabolites secondaires produits par des champignons microscopiques tels que le Fusarium verticillioides, le Fusarium proliferatum, l’Aspergilus flavus ou l’Aspergilus parasiticus qui colonisent divers types de céréales. Les Fusariums produisent principalement les fumonisines, les Aspergilus les aflatoxines. Cette liste n’est pas exhaustive. Différents facteurs prédisposent les céréales dont le maïs aux infections fongiques et à leur contamination par les mycotoxines: les fortes variations de température, la sècheresse, les attaques d’insectes. Parmi ces facteurs les insectes jouent un rôle majeur en provoquant des blessures qui représentent autant de portes d’entrée des champignons. Après la récolte, les conditions de stockage influent également sur les infections, notamment par une forte humidité, et par la présence avant récolte des champignons et la présence d’insectes qui vont encore contribuer aux contaminations. Il est très difficile sinon impossible d’éliminer ces mycotoxines, même avec les procédés d’ingéniérie agroalimentaire les plus modernes. Elles se retrouvent donc dans toute la chaîne alimentaire.

 

         Les fumonisines (en particulier FB1) sont toxiques aux plans immunologique et hépatologique et ont des propriétés cancérigènes notamment sur l’œsophage (Gelderblom et al.,  1991; Gelderblom et al., 1996; Theumer et al., 2002; Voss et al., 2002).  Les données actuelles suggèrent qu’elles altèrent le métabolisme des lipides dans les cellules en inhibant la céramide synthase produisant ainsi une inversion du rapport sphinganine/sphingosine (Riley et al.,  2001). Ces modifications entraînent des perturbations dans la transmission des signaux de régulation controlés par les lipides et affectent au final la croissance, la différenciation et la mort cellulaire (Pinelli et al., 1999; Mobio et al., 2000). Les aflatoxines (en particulier AFB1) sont mutagènes et hépatocarcinogènes et affectent sévèrement le système reproducteur male et d’autres organes comme le poumon et le rein (Faridha 2007 ; Theumer 2007). Elles sont bioactivées par les cytochromes P450 (CYP1A2 et CYP3As) en 8,9-epoxyde, un métabolite qui forme des adduits sur l’ADN. Des adduits sont aussi retrouvés sur les protéines (Skipper and Tannenbaum 1990 ; Bedard 2006 ; Jiang 2005). Des travaux récents (Theumer 2007) montrent que ces deux mycotoxines agissent en synergie pour affecter la prolifération cellulaire ou l’apotose en agissant sur des “leviers” différents mais dont les actions se conjuguent pour produire une toxicité accrue. De fait, la plupart des nations ont fixé des taux plafonds à la teneur en mycotoxines dans les céréales (dont le maïs).

 

De nombreux travaux en espace controlé ainsi qu’en plein champ ont montré qu’en présence d’insectes ravageurs l’accumulation de fumonisine était fortement diminuée (d’un facteur compris entre 2 et 15 selon les études) dans le maïs Bt MON810 par rapport au maïs non Bt, (Munkvold 1999 ; Dowd 2000 ; Dowd 2001 ; Bakan 2002 ; Hammond 2003). Certains de ces travaux mettaient en évidence une correlation significative entre l’importance de l’attaque par les insectes et le niveau de fumonisine. Ceci suggère qu’une réduction des attaques d’insectes ravageurs se traduit par une réduction de la contamination par la fumonisine. Pour ce qui concerne les aflatoxines, les essais de plein champ ont montré des résultats plus mitigés : soit une baisse de la contamination (Benedict 1998 ; Odvody 2000), soit au contraire une absence de baisse de contamination (Williams 2002 ; Buntin 2001) dans le Bt MON810 par rapport au maïs conventionnel. Cependant, le fait que les fumonisines et aflatoxines agissent en synergie (coopération) pour produire leurs effets délétères (Theumer 2007) suggère que la forte diminution de fumonisine dans le maïs Bt MON810 constitue un élément très favorable en terme de toxicité de ces molécules.

 

Conclusion

         La résistance du maïs Bt MON810 aux ravageurs (dont la pyrale) entraîne une forte diminution des infections fongiques et, en conséquence, une forte diminution de sa contamination par les mycotoxines telles que les fumonisines et aflatoxines. Du fait de la toxicité avérée de ces toxines sur la santé humaine, il s’agit là d’un effet très important au plan sanitaire à porter au bénéfice du maïs Bt MON810

 

* Citation de l’avis :

Santé humaine : des faits nouveaux révèlent l’effet du maïs Bt sur les teneurs en mycotoxines qui peuvent être réduite de 90 à 95% (AFSSA ; 2004)  par rapport aux hybrides conventionnels non traités par des insecticides, les traitements insecticides ne permettant (pas) une diminution aussi forte. Les teneurs en fumonizine (classée cancérigène probable chez l’homme 2B CIRC) pour les hybrides conventionnels dépasse régulièrement 2000 ppb en fonction des attaques d’insectes dans le Midi-Pyrénées et l’Aquitaine.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ANNEXE V

 

 

Professeur Catherine Regnault-Roger

UMR UPPA CNRS 5254/ IPREM-EEM

Direction/ coordination du Master de Biologie

Université de Pau et des Pays de l'Adour

IBEAS- BP 1155- 64013 Pau Cedex- France

catherine.regnault-roger[at]univ-pau.fr

 

Biopesticides d’origine végétale.

C. Regnault-Roger, B.JR. Philogène, C.Vincent ( coord.)

2ème édition revue et augmentée. Tec et Doc Lavoisier, 2008, sous presse.

 

Incidence au champ du maïs Bt sur les teneurs en mycotoxines mesurées en Midi-Pyrénées au cours de la campagne 2005.

Folcher Laurent (3), Jarry Marc (4), Delos Marc (1), Weissenberger Alain (2), Gérault Florence (5), Eychenne Nathalie (6) & Regnault-Roger Catherine (3) 

(1) SRPV-DRAF "Midi-Pyrénées" - Bât. E - Bd Armand Duportal - 31074 Toulouse, France.

(2) SRPV-DRAF« Alsace »Station d’Expérimentation - Route de Saverne - 67370 Wiwersheim, France.

(3) Université de Pau et des Pays de l'Adour - UMR CNRS 5254 IPREM - EEM - IBEAS  BP 1155 - 64013 Pau, France.

(4) Université de Pau et des Pays de l'Adour - UMR INRA/UPPA 1224 ECOBIOP, IBEAS BP 1155 - 64013 Pau, France.

(5) SRPV-DRAF« Pays de Loire » - 10 Rue le Nôtre - 49044 Angers, France.

(6) FREDEC "Midi-Pyrénées"- Bât 43, 2 route de Narbonne - B.P. 12267-31322 Castanet Tolosan cedex, France.

 

Résumé :

La réglementation EC 856/2005 du 06-06-2005 fixe pour la culture du maïs (Zea mays L.) des teneurs maximales en mycotoxines qui s’appliqueront à partir du mois d’octobre 2007, à l’alimentation humaine. En parallèle avec ce nouveau cadre réglementaire, un réseau de surveillance inclus dans le dispositif de biovigilance a été mis en place afin d’évaluer l’impact des pratiques de contrôle des bio-agresseurs et notamment l’impact des plantes génétiquement modifiées sur la qualité sanitaire des récoltes. Dans ce cadre des essais ont été conduits sur maïs en 2005 dans la région Midi Pyrénées sur 21 couples de parcelles de maïs Bt résistant aux lépidoptères et maïs isogénique autorisé à la culture. Les relevés ont en particulier porté sur la détermination en champ des teneurs en mycotoxines au moment de la récolte.

L’utilisation de couples de parcelles OGM et témoins isogéniques sur un même site, soumises aux mêmes conditions de culture permet de s’affranchir des variations dues à l’effet des pratiques culturales et du climat. Les évaluations en mycotoxines ont porté sur la zéaralénone, les fumonisines et trichothécènes. On constate que le maïs Bt, comparé au maïs isogénique témoin, présente des teneurs en fumonisines significativement plus faibles alors qu’il n’est pas observé de différences significatives pour les trichothécènes et la zéaralénone. Les teneurs en trichothécènes du maïs témoin isogénique et du maïs Bt sont au-dessous du seuil légal pour les trichothécènes et la zéaralénone. Le maïs Bt en permettant une réduction significative des fumonisines, permet d’obtenir des récoltes se situant en dessous des seuils légaux adoptés pour les fumonisines (4000 ppb) pour une récolte brute destinée à la consommation humaine. L’impact de d’O. nubilalis et S. nonagrioides apparaît être un facteur prépondérant pour  la contamination des récoltes par les fumonisines. Ces observations constituent un travail préliminaire et doivent être nécessairement reconduites. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ANNEXE VI

 

RÉSUMÉ SUCCINCT DES LIGNES DIRECTRICES DE L’AFSSA

PRECISANT LES INFORMATIONS DEVANT SE TROUVER

DANS UN DOSSIER D’ÉVALUATION D’UN OGM.

 

1       Information relative à la modification génétique

         1.1    Description des méthodes utilisées pour la modification génétique

         1.2    Nature et source du vecteur utilisé

         1.3    Taille et fonction attendue de chaque fragment de la région insérée,

         source de l'organisme donneur

 

2       Information relative à la plante génétiquement modifiée (PGM)

2.1    Description du ou des caractères et caractéristiques de ce qui a été introduit ou modifié

         2.2    Informations relatives aux séquences insérées ou délétées.

         2.2.1 Taille et structure de l'insert et méthodes utilisées pour sa      caractérisation, y compris les informations sur les parties du vecteur introduit dans la PGM ou tout ADN étranger ou ‘porteur’ restant dans la plante.

2.2.2 En cas de délétion, taille et fonction de la région délétée,

2.2.3 Nombre de copies de l'insert,

2.2.4 Localisation de l'insert dans les cellules végétales (intégré dans le chromosome, chloroplaste, mitochondrie ou maintenu sous une forme non intégrée) et méthodes de détermination,

2.3    Information relative à l'expression du (des) gène(s) inséré(s)

2.4    Stabilité génétique de l'insert et stabilité phénotypique de la PGM.

2.5    Evaluation du risque liés aux gènes insérés (capacité de la PGM à transférer du matériel génétique à d'autres organismes.

 

3.      Evaluation des risques alimentaires pour l'homme et l'animal de la PGM

Recommandation générale : l'évaluation du risque d'un nouvel OGM dans tous ses aspects se fera toujours par comparaison avec la plante ou ses produits issus d'un référentiel approprié (conventional counterpart, ou produit "isogénique").

3.1    Description du produit et utilisation prévue

3.2    Origine des produits de gènes utilisés pour faire l'évaluation de risque

3.3    Evaluation des modifications potentielles dans le métabolisme de la PGM

3.4    Evaluation de la composition nutritionnelle et des modifications inattendues (concentration en nutriments, facteurs anti-nutritionnels et substances    toxiques).

3.5    Evaluation de la toxicité du produit de gène :

         tests de toxicologie aiguë et sub-chronique

3.6    Evaluation de la tolérance sur l'animal de l'aliment produit à partir de la

         PGM = test d’alimentarité

3.7    Dégradation dans le tube digestif

3.8    Evaluation du potentiel allergène

 

 

 

 

Pour donner des exemples plus précis, voici une liste de points qui sont contrôlés sur les OGM par rapport aux non-OGM :

 

 

OGM

 

non-OGM

Toxicités aiguë et sub-chronique

oui

 

non

Recherche de toxines

oui

 

non

Test de génotoxicité* (clastogénèse, mutagénèse)

oui

 

non

Allergénicité potentielle évaluée

oui

 

non

Microéléments (oligoéléments)

oui

 

non

Macroéléments (protéine, lipides sucres)

oui

 

non

Teneur en métabolites particuliers

oui

 

non

Tolérance et valeur alimentaire

oui

 

non

 

 

 

 

Date de floraison

oui

 

pas systématiquement

Quantité de pollen

oui

 

pas systématiquement

Croisement avec plantes apparentées

oui

 

pas systématiquement

Persistance des graines dormantes

oui

 

pas systématiquement

Résistance aux stress

oui

 

pas systématiquement

 

* pour les microorganismes utilisés pour produire des auxiliaires technologiques.

 

Pour la composition biochimique, les éléments suivants sont renseignés  :

 

La Matière Sèche,

La teneur en cendres,

Les Parois cellulaires,

Les Fibres digestibles,

Les Protéines et les acides aminés,

Les Lipides et  acides gras,

Les Sucres : amidon (amylose, amylopectine), fructose, glucose, saccharose…,

Les Glycoalcaloïdes : chaconine, solanine, …,

Les Micro-éléments : Na, K, Ca, Mg, P, Fe, Zn, Cu, Mn, Cd…,

Les Nitrates,

Les Vitamines,

Les Métabolites secondaires : Acide Phytique, chlorogénique, férulique, inositol, raffinose, acide p-coumarique…,